Hospitalité

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6 ans avant la sortie d’Harmonium, Koji Fukada avait déjà fait ré-apparaître une vieille connaissance au sein d’une famille bien tranquille.

Ici (le film est sorti en 2010), c’est chez les les Kobayashi que surgit le fils de l’ancien associé du père de Mikio. Ce dernier a conservé l’activité de la petite imprimerie de quartier fondée par son père et celui de Hanataro, sans le sou et sans logement aujourd’hui. Mikio, le coeur sur la main, va offrir son hospitalité à cet inconnu finalement pas si étranger, en lui proposant de le loger un temps. Très vite, l’hôte prend ses aises, s’octroie une place qui n’est pas sensée être la sienne, et s’accapare progressivement la vie de Mikio.

Dans un Japon bien rangé, où la façade cache un intérieur pas toujours honorable, où le paraître ne laisse poindre aucun signe extérieur de l’intime, c’est bien la question de la place de chacun qui est posée. Abordant avec un humour presque burlesque la problématique grandissante de l’immigration, ou focalisant un point de vue décapant sur le thème du secret personnel, Fukada nous entraîne de surprise en surprise vers la découverte de qui est qui vraiment…

Alors on s’arrange comme on peut avec le mensonge, pourvu que l’honneur et l’apparence soient saufs. On remplace ce qui manque dans le puzzle parfait par des pièces quelque peu falsifiées, mais le tout doit tenir droit, c’est ce qui importe. La femme de Mikio, qui l’a quitté sans prévenir, est annoncée comme morte, même si elle est bien vivante lorsqu’elle s’occupe de temps en temps de sa fille laissée à son père. Natsuki, si jeune et si belle pourrait être la fille ainée de Mikio, mais elle est en réalité sa nouvelle épouse, trompée à l’occasion avec la compagne de Hanataro… Chacun pourrait garder sa position sans faire de vague, mais qui part à la chasse… perd sa place. Même le perroquet d’Eriko, la fille de Mikio, qui s’est échappé de sa cage sans jamais être retrouvé sera remplacé par un congénère lui ressemblant comme eux gouttes deux, et tout le monde sera ravi.

Dans ce Japon ou tout est codifié, emmitouflé dans une apparente sérénité, Koji Fukada brasse tout au long de son film les cartes d’un jeu dont les règles pourtant bien posées ne demandent qu’à être transgressées.

 

 

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