Les routes me fascinent. Elles sont le point de départ de ce que l'on quitte, et le fil qui nous mène vers tout ce que l'on espère. Elles laissent derrière elles autant de souvenirs qu'elles s'ouvrent sur le champ de tous les possibles.
Je suis motard depuis qu'il m'a été autorisé de passer mon permis de conduire. Mes salaires de jobs d'étudiant ont rapidement été destinés au financement de ma toute première moto, une Honda 500 XLR d'une quinzaine d'année. Je me souviens encore de ce vieux gros mono qui, après deux ou trois (et parfois bien plus...) coups de kick bien maîtrisés acceptait enfin de se mettre en branle, avant de souffler péniblement son chant étouffé de tracteur. Mais la fougue de mon jeune âge n'avait que faire de celui de sa monture, tant qu'elle lui permettait de prendre la route...
C'est alors un espace de liberté sans borne que j'ai découvert, kilomètres après kilomètres, paysages après paysages. Je n'avais pourtant, je pense, rien à fuir, rien à oublier. Juste prendre la moto et rouler. Parfois sans but, sans destination réfléchie, mais avec la promesse tenue de se rendre toujours plus libre.
D'autres motos, d'autres destinations ont ravi mes sens, mais toujours avec la même passion, dévorante et indéfectible, parfois déraisonnable mais jamais éteinte, obsédante parce que viscérale, LA PASSION DE LA ROUTE.
Une autre passion m'anime depuis toujours, aux point d'en faire mon premier métier : la Photographie.
Des portraits, des objets, des reportages, des rencontres, des paysages... La photographie m'a offert une autre fenêtre de possible liberté : celui de la créativité.
L'art, quelque soit sa forme d'expression, ne peut être borné, contenu. Il ne peut être jugulé à l'intérieur d'un champ qui en définirait son application ou simplement même le reconnaitrait. Sa seule limite n'est que l'imagination de son créateur, l'artiste.

Transfagarasan (Roumanie)
Souvent je suis parti en moto avec au moins un appareil de prises de vue, si ce n'est avec tout mon sac rempli de matériel. Et souvent aussi, les paysages époustouflants que la route peut régulièrement offrir imposent un arrêt "photo". On ralentit, on s'arrête (quand on peut, parque cela est impossible lorsque l'on monte à la Cime de la Bonnette par exemple...), on pose la béquille, les gants, on sort l'appareil, on cadre, on déclenche, on remet les gants, on se remet en selle, on repart... Et on s'arrête de nouveau quelques mètres plus loin parce que le panorama est encore plus grandiose. Je me suis ainsi probablement arrêté une vingtaine de fois au moins avant d'atteindre le Grossglockner, tellement le décor était féerique !
Si ce mode de roulage permet de beaux et nécessaires temps de pause, comme de chouettes moments de contemplation, j'avais toutefois en tête une autre approche de prise de vue. Je souhaitais également partager non pas des images de paysages cadrés, et par définition statiques, mais les émotions ressenties pendant que je roule roule.
Même je si prends toujours des clichés plus "classiques" avec mon matériel habituel, j'ai également équipé ma moto d'un système de prise de vue embarqué, qui me permet de réaliser des images dorénavant sans m'arrêter.
Tous mes Portraits de Routes ont été réalisés en roulant.
Les tableaux que je crée dépendent de deux facteurs primordiaux :
Je n'ai aucune action de cadrage, de choix ni de détermination lors de la prise de vue : les images sont réalisées en séquentiel avec une fréquence assez lente. Je ne sais pas ce qui va être mis dans la boîte !
Je laisse le "hasard" opérer, et surtout, je consacre toute mon attention au pilotage de ma machine.
Je n'ai aucune idée de ce que je vais découvrir lors du transfert et des premiers traitements des fichiers bruts, pas plus que je n'ai réfléchi sur le rendu final lorsque je commence mon travail de post-production. Je laisse de la sorte mon imaginaire et mon inspiration du moment s'orchestrer d'une manière totalement libre et décomplexée.
Aucun tableau ne se ressemble, comme aucune route ne se répète jamais. Mes créations tentent de refléter ce que j'ai pu vivre sur chaque kilomètre parcouru : l'émerveillement de la découverte, la surprise de la nouveauté, l'étonnement de la singularité, et essentiellement l'appel d'une 'infinie liberté.
(Cliquer sur l'image)

Pour chacun des Portraits de Routes, je propose des tirages d'art en édition limitée à 30 exemplaires, réalisés en impression pigmentaire sur papier haut de gamme Hahnemühle.
Les formats proposés vont du 20x60 cm au 60x180 cm.
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